A la conquête de l’éducation bienveillante

éducation bienveillante

Depuis que j’ai ouvert le blog, j’ai toujours voulu faire un article sur le thème de l’éducation bienveillante. Vous savez, ce sujet polémique déjà traité un milliard de fois, qui attise des réactions passionnées de la part de la blogosphère et de ses lecteurs.

Jusqu’à présent, en bonne trouillarde, et même si comme vous allez le voir mon avis est très nuancé, je n’avais pas osé aborder ce thème, je le laissais volontiers aux copines plus téméraires.

Néanmoins, l’idée est restée dans un coin de ma tête, et aujourd’hui je suis enfin prête ! Je me lance, tel un viking sur le champ de bataille, je prends le sujet à bras le corps et vous livre mon avis sur l’éducation dite “bienveillante”.

L’éducation bienveillante c’est bien. Non ?! Tu crois ? C’est vrai, quel parent au monde ne souhaite pas accompagner son enfant dans la vie de la manière la plus bienveillante possible ? Sur le papier je ne vois vraiment rien à redire. Dans la pratique j’émets tout de même quelques réserves.

Entrons dans le vif du sujet.

La découverte

Lorsque je suis devenue maman, comme toutes les mères en quête de réponses, et voulant tout faire absolument parfaitement (c’était pour le premier, aujourd’hui je suis beaucoup moins exigeante avec moi même), je me suis plongée dans les préceptes de Filliozat, Montessori et Cie. Largement relayés par les réseaux sociaux, et la blogosphère, j’ai pu y trouver toutes sortes d’informations et faire ma petite sauce en prenant ce qui me paraissait pertinent et laissant le reste.

Eurêka ! C’était la solution à mes problèmes existentiels de maman. Tout cela paraissait merveilleux. Votre enfant est en plein terrible two et tape des crises à longueur de journée ? Rien de plus simple, se mettre à sa hauteur, lui parler doucement, proposer un câlin, bien sûr que c’est ce qu’il faut faire Lau !

J’étais convaincue, et j’ai mis en pratique.

La mise en pratique

Au niveau de l’aménagement de la maison

Tout d’abord, j’ai adapté les espaces de vie de ma maison pour favoriser l’autonomie de mes enfants façon Montessori. J’ai d’abord acheté un marchepied, pour que le gravier puisse nous accompagner en cuisine et dans la salle de bain.

Nous avons également délimité des espaces bien distincts dans sa chambre. Un espace pour le sommeil, un espace pour le change, et un espace pour l’éveil. Comme je ne souhaitais pas le mettre sur un matelas au sol dès sa naissance, nous avons opté pour un bon compromis : basculer le gravier dans un lit d’enfant évolutif dès l’acquisition de la marche. Ce qui lui a permis de sortir de sa chambre très rapidement pour venir nous extirper de notre sommeil et de vaquer à ses occupations.

Au niveau comportemental

Nous tentons d’accompagner au maximum leurs émotions en fonction des situations comme le recommande Filliozat. J’essaie d’éviter la négation, d’utiliser le jeu pour éviter les crises…

L’idée est de comprendre ce qui se passe dans leurs cerveaux pour mieux communiquer avec eux et les aider à développer leur confiance en eux et leur autonomie.

Vous avez compris, on nous promet ici le Graal de tout parents.

Je cite : “Des idées, des exemples, des astuces, des techniques simples et rapides pour qu’ils mettent leur casquette au soleil ou leurs bottes quand il pleut sans que cela fasse problème, pour partir à l’école à l’heure et sans stress, pour que les repas soient des moments agréables de partage, pour que le square ne soit pas une angoisse, pour qu’elle nous donne la main pour traverser la rue sans chercher à s’échapper, pour qu’il cesse de se chamailler avec sa sœur, pour qu’elle aille faire pipi aux toilettes et qu’il se lave, pour un coucher avec histoire mais sans histoires…

Bref à la vue de tout cet élan de positivité, j’étais ultra motivée. Et lorsqu’on est convaincu des bienfaits d’une chose, on  a envie que ça marche.

éducation bienveillante

Dans la réalité

Alors autant vous dire que chez la famille Cailloux, dans la réalité, cela fonctionne une fois sur deux.

Et c’est là que le bas blesse.

Il y a comme une odeur d’énervement qui flotte dans l’air. Nous sommes en fin d’après-midi. J’ai passé une journée bien pourrie remplie au travail. Je suis fatiguée, et lorsque je récupère mon gravier qui lui aussi est fatigué de sa journée, je sens déjà se profiler la crise.

Le gravier refuse d’aller au bain et entre dans une colère noire. Pourtant j’ai essayé la technique du jeu qui marche habituellement, type: “Attention moussaillon! Des pirates ont investi la baignoire ! Tu dois aller sauver le fée Clochette qui est retenue prisonnière par le Capitaine Crochet ! “. Mais cette fois ça ne passe pas.

Je tente alors la technique de la procrastination : “Mon chaton, tu vois la grande aiguille de l’horloge? Quand elle arrive sur le 6 on part au bain, ok ? Super, tope-la !”. Une demi-heure plus tard, quand j’annonce que l’heure est arrivée et que je montre l’aiguille sur l’horloge, le gravier se met à pleurer/hurler en me disant qu’il refuse d’aller au bain, et qu’il veut encore jouer.

Je m’arme de patience, et j’explique pourquoi se laver est important. Marche pas… Il hurle de plus belle.  Je m’accroupis pour me mettre à son niveau, et lui propose un câlin pour le calmer. Il me repousse violemment “Laisse moi tranquille, arrête de me parler”.

Et là, la fracture s’opère.

Ma patience a rejoint les oubliettes, je me mets à gueuler comme un putois. Je le prends en poids et le fous dans la baignoire. C’est l’échec.

Ensuite, je culpabilise toute la soirée. Je m’autoflagèle, je me dis que je suis une mauvaise mère. Je me demande pourquoi les autres y arrivent et pas moi.

Mais ce dont je n’ai pas conscience sur le moment, c’est tout ce que j’ai fait de bien avant de me mettre en mode pétage de plombs. Il faut en général que papa Cailloux intervienne pour me le faire remarquer.

Le jugement

Malgré les déconvenues, je suis toujours aussi convaincue des bienfaits de ce type d’éducation. Même si tout ne marche pas forcement comme on le souhaiterait, on essaie, on tâtonne, on s’adapte au caractère de notre enfant.

J’en arrive à ce qui m’agace le plus dans tout ça : le jugement des autres.

On le sait, il n’y a pas de parents parfaits, il n’y a que des parents qui font ce qu’ils peuvent. Il n’ y a pas de type d’éducation meilleur qu’un autre. Il y a juste des convictions selon les familles, les cultures, les croyances.

Cependant, on ne va pas se le cacher, nous sommes toujours jugés lorsque nous nous retrouvons face à une crise de notre enfant en public, ou en fonction de nos choix éducatifs.

Lorsqu’on pratique l’éducation bienveillante, on est taxé de laxiste. Je ne sais combien de fois je me suis entendue dire que je n’étais pas assez sévère, ou que je laissais trop faire.

Ça a le don de m’énerver instantanément. Car après tout, je ne demande l’avis et les conseils de PERSONNE. Je n’empêche pas les gens de le penser, mais qu’ils gardent leurs commentaires pour eux.

De même, je ne me verrais absolument pas juger des parents ayant choisi un mode d’éducation plus strict. Car ceux-là aussi sont vite mis dans le panier des parents autoritaires qui ne cherchent pas à comprendre leur enfant. Tout comme le sujet biberon/allaitement, il s’agit d’un choix personnel qu’on doit respecter.

Voilà ce que je pense de l’éducation bienveillante. Et vous, parents ou non, quel est votre avis ?


Article en lien: Le Terrible Two, ça s’arrête quand ?

Epingle Pintérest:

A la conquête de l'éducation bienveillante

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15 Commentaires

  1. Reply
    Maman Nouille
    janvier 15, 2018 at 8:56

    Oh ben ça va, il est plein de nuances ton article 😉
    Je pense qu’on est toutes un peu comme toi, sur le papier, ça va, mais dans la réalité.
    Bon, il n’y aurait pas tant d’ouvrages sur l’éducation si c’était si facile.
    Pour ma part, je pense que l’éducation bienveillante passe à côté de quelque chose de fondamental : l’éducateur. Tu vois, ça me semble presque plus possible de pratiquer ce type d’éducation en tant qu’ass mat ou que maitresse qu’en tant que parent. Il y a un moment, où tu ne peux plus négocier, parlementer, jouer, encaisser. On a aussi le droit d’en avoir marre.
    L’autre truc c’est que je pense sincèrement que les enfants ont parfois besoin de limite stricte et pas de parlementer. Quand parfois ils sont trop nerveux, excité, je crois que ça ne sert à rien, il faut être ferme (je ne dis pas qu’il faut les balancer dans la baignoire non plus, même si parfois on en a envie). Mon trois ans est parfois de mauvaise humeur et il a besoin d’être dans l’opposition, oui parfois il me cherche et , non, ce n’est pas une vue de mon esprit. Il me demande des choses absurdes toutes les cinq minutes et même si je dis oui, pleure… Et parfois dire ‘c’est comme ça’ et le porter pour le mettre à table ou se brosser les dents est bien plus efficace que d’expliquer le pourquoi du comment.Et bien plus approprié aussi. Enfin c’est mon expérience 😉

    1. Reply
      Lauriane
      janvier 16, 2018 at 10:13

      Comme tu le dis quelques fois en tant que parents nous n’avons pas le recul nécessaire et nous sommes dominés par l’affect. Je pense aussi que ces techniques sont plus faciles a mettre en place avec des asmat et enseignants.

  2. Reply
    Bébé est Arrivé !
    janvier 15, 2018 at 9:17

    J’avais pour ma part également écrit un article sur le sujet de l’éducation bienveillante, plus précisément du terme que je n’aimais pas (http://www.bebe-est-arrive.com/rejette-terme-deducation-bienveillante/).

    Comme tu dis, la réalité est assez éloignée de la théorie. Les entrées en matière sont bonnes mais au bout d’un moment, quand rien ne fonctionne, je perds patience et crie. Evidemment, cela ne me fait pas plaisir mais je retiens une phrase du personnel de la crèche à ce sujet : “Ne rien lâcher maintenant sinon après, c’est mort.”

    1. Reply
      Lauriane
      janvier 16, 2018 at 10:20

      J’avais lu ton article et l’avais bien apprécié d’ailleurs! 😁
      Et j’avoue que si comme toi je n’apprécie pas outre mesure le terme, je continue a l’utiliser par facilité.

  3. Reply
    MamanDe4
    janvier 15, 2018 at 2:11

    Dans l’éducation bienveillante, même si ce n’est pas possible pour ma part de tout appliquer, je trouve que d’y penser me fait déjà voir les choses différemment et amène à traiter les crises différemment. Qui sait, peut-être que la prochaine fois ton enfant ira très vite dans son bain ?
    L’éducation n’est pas une science exacte, et tout ce que nous semons, même légèrement, doit être bon à prendre !

    1. Reply
      Lauriane
      janvier 16, 2018 at 10:23

      Entièrement d’accord avec toi! Tout est bon a prendre, chaque petit pas compte !

  4. Reply
    Juliie
    janvier 16, 2018 at 7:01

    merci pour cet article sur lequel je tombe par hasard, je m’y retrouve tellement. La culpabilité lorsque cela ne marche pas (et en ce moment, j’attends la deuxième d’un instant à l’autre, je rame je rame, je ne reconnais plus ma puce 4 ans tellement elle fais de crises)…
    Mais effectivement en plus de la culpabilité, c’est le jugement des gens qui est infernale: trop souple, pas assez sévère.. lâchez moi !!!
    Puis des divergences souvent avec le Papa. Est-il raccord avec toi ou plus autoritaire ?? Merci d’exposer cet article, cela me soulage et en soulagera certainement d’autres. On est pas des parents parfaits cela n’existe pas, on fait notre maximum. Bien à toi. Juliie

    1. Reply
      Lauriane
      janvier 16, 2018 at 10:26

      Merci pour ton témoignage 😊.
      Alors chez nous papa est egalement dans cette optique mais a un coté legerement plus autoritaire quand les limites sont dépassées et lui par contre ne culpabilise pas! Haha

  5. Reply
    Mon chien bio
    janvier 16, 2018 at 7:35

    Je suis d’accord avec les commentaires précédents, étant moi-même dans l’éducation. Ce sont des principes qui doivent nous aider à comprendre les spécificités de l’enfance, mais les enfants cherchent malgré tout nos limites et ont besoin de les trouver. Je dis bien besoin car s’ils ne les trouvent pas, ils grandissent en manquant de structure…. Une main de fer dans un gant de velours, autant de fermeté que de souplesse, voila ce dont nos petits ont besoin.

  6. Reply
    Lauriane
    janvier 16, 2018 at 10:32

    Merci pour ton commentaire 😊
    Je suis bien d’accord sur le besoin de structure. Il est parfois difficile de trouver l’équilibre entre main de fer et velours, mais la bonne nouvelle c’est qu’au fil du temps on apprend !

  7. Reply
    Julie Olk
    janvier 16, 2018 at 5:06

    Ton article est super ! Oui ce n’est pas toujours facile d’être parent et je te rejoins sur le jugement des autres qui m’agace au possible…

    1. Reply
      Lauriane
      janvier 16, 2018 at 5:22

      Merci! 😊 il faut apprendre a ne pas écouter, pas tous les jours faciles 😂

  8. Reply
    Mamanchloe
    janvier 17, 2018 at 9:34

    Comme d’autres parents ici, je suis bien d’accord avec certains principes de ce type d’éducation. Mais la réalité est parfois toute autre. Parce que nous restons des êtres humains, adultes et enfants. Et surtout, le parent (souvent la maman) est la figure d’attachement de l’enfant. Donc il est bien plus “facile” pour lui de s’opposer à nous que de le faire avec une autre personne. Et du côté du parent, le côté “affect” prend le dessus. Comment ne pas s’énerver alors que nous avons tout bien fait, avec amour et bienveillance, pour notre tout petit ? Bref… Moi aussi je crie beaucoup…et je culpabilise… Souvent on s’excuse après la crise avec mon grand de 3 ans et on se fait un gros câlin ! Ce qui est rassurant c’est de voir que beaucoup de parents sont et font pareil ! 🙂

  9. Reply
    Je ne suis pas une poule
    janvier 18, 2018 at 10:39

    Je suis 100% de ton avis et j’ai écris plusieurs articles dans cette veine mais je ne me culpabilise pas, je suis trop fatiguée pour ça, pas le temps… On fait du mieux qu’on peut et on aime nos enfants c’est ce qui compte, non?

  10. Reply
    Eulalie
    janvier 18, 2018 at 2:00

    Je me reconnais ENORMEMENT dans ton article ! je suis passée par les mêmes phases.

    Mes loulous grandissent, le plus grand a 5 ans et demi, et en fait, on grandit beaucoup avec eux, je trouve.

    Le problème, je crois, c’est qu’on veut parfois être bienveillants avec nos enfants mais on oublie la base : être bienveillants avec nous-mêmes ! Eh non, le parent parfait n’existe pas, eh oui, on a le droit d’être crevé et de ne pas y arriver. Et se le dire, c’est déjà un petit pas.

    J’ai assisté il y a peu à une conférence du Dr Benkemoun, réputée en la matière, et j’ai adoré car je l’ai trouvée tellement déculpabilisante !!!
    Elle le clame haut et fort : non, on ne peut pas tout réussir du jour au lendemain ! Non, ce n’est pas parce que notre gami a 10 ans que tout est foutu. Et même qu’on a le droit de dire à son mari : “”ce soir, j’en peux plus, c’est toi qui gère”. Beh oui, la base de la bienveillance, c’est l’accueil de l’émotion, alors faut aussi apprendre à accueillir les nôtres !

    Si le sujet t’intéresse, j’ai écrit un papier là-dessus par là :
    https://lespetitspapiersdeulalie.blogspot.fr/2017/12/les-mots-qui-font-grandir-quelques.html

    En tout cas, bienveillance n’est pas laxisme : si toutes les émotions sont légitimes, tous les comportements ne sont pas acceptables. Être bienveillant, c’est poser des limites dans un environnement émotionnel sécurisant. Mais c’est surtout un très long apprentissage. Il n’y a pas de solution miracle.

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