Histoire d’un corps

 

Il est arrivé un matin du mois de mars, comme un cheveux sur la soupe, blanc.

Après une nuit compliquée, après beaucoup d’inquiétudes et de doutes. On le voyait à peine au début, Il se cachait, n’osait pas signifier sa présence.

Reflet des questions que je ne posais pas à voix haute mais qui hantaient mes nuits. Conséquences de mes interrogations de jeune mère qui découvre pour la première fois la peur qu’engendre un amour absolu.

D’autres sont venus le rejoindre. Au fil des nuits, au fil des insomnies.

La naissance de ces cheveux blancs témoigne de la vie, celle que j’ai donné, et qui fait palpiter mon cœur.

 

Elles ont débarqué en groupe. Et se sont répandues partout.

Si différentes, l’une a investi le recoin de ma bouche pour s’imprégner de mon bonheur. D’autres telles de petites pattes d’oies ont préféré marquer mes yeux à chaque rire. Une dernière a atterri brutalement sur mon front, droite comme un i, majestueuse, verticale comme pour parer mes colères.

Elles sont là avec moi, mes rides racontent l’histoire de mes émotions.

 

Elles me mettent face à mes choix, me rappellent mon abnégation.
Elles m’alertent aussi, me préviennent, quand les limites sont dépassées elles se teintent d’une couleur violacée.

Révélatrices de la réalité, celle des nuits passées à chercher le sommeil de son enfant en oubliant le sien. Celle des réveils abrupts, les yeux collés, la tête cotonneuse. J’aime à dire qu’à chaque enfant sa cerne. Je les nomme de leurs prénoms.

Elles m’accompagnent dans chaque câlin, chaque berceuse, chaque gouté nocturne. Même si j’espère pouvoir les chasser un jour, elles me suivent depuis bientôt 4 ans.

 

Il a fait de la place, a élargi le passage, pour construire un nid, un abri.

Il s’est étiré, s’est déformé, a nourri, a réchauffé pendant des mois. Moelleux il accueille maintenant leurs petites têtes qui s’y blottissent.

Mon ventre fatigué, le centre de leur monde, le refuge leurs pleurs et de leurs rires.

Mon corps de maman est né.
Je le déteste et l’adore à la fois. Parfois disgracieux, je ne lui en tiens pas rigueur, car il ne souhaite qu’une chose, raconter mon histoire.


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