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La baisse du taux de natalité

Comme vous le savez certainement le taux de natalité en France est en baisse. L’indicateur conjoncturel de fécondité s’établit désormais à 1,93 enfant par femme contre 2 en 2014.

Les différentes raisons évoquées par les spécialistes sont l’augmentation de l’infertilité, les perturbateurs endocriniens, la situation économique des ménages, la baisse du quotient familial, les soirées mojito entre copines, les désirs de voyages en sac à dos, le culte de la taille 36, etc…

Mais la principale, la véritable raison de la diminution de ce taux n’a encore jamais été abordée par les innombrables chercheurs qui triment sur le sujet.

La baisse du taux de natalité

Laissez-moi donc vous révéler en avant-première le grand secret qui pèse sur le taux de natalité en France : Si les nullipares ne font plus d’enfants, c’est à cause de nous, parents.

Mais qu’est-ce qu’elle raconte celle-là ? Comment nous, parents, qui sommes littéralement en admiration devant la prunelle de nos yeux, la chair de notre chair, pourrions-nous être responsables de la baisse de la natalité ?

Bien-sûr nous ne le faisons pas volontairement, mais nous agissons indirectement sur le comportement des nullipares.

C’est encore un peu vague ? Je vous propose une petite mise en situation.

Dans la peau d’une nullipare

07H30 : J’arrive au bureau. J’allume mon ordinateur, mes collègues Denis et Lauriane sont à la machine à café, je les rejoins pour prendre ma dose quotidienne de caféine.

Lau a la mine déconfite, des cernes violacées se dessinent sous ses yeux à moitié fermés, elle n’est pas maquillée.  Elle est en train de parler de sa nuit à Denis. Elle s’est levée 3 fois car sa fille pleurait, et n’a pas pu se rendormir. Elle a peur que sa fille ait une gastro, ou une grippe, ou une bronchiolite, ou les dents… Bref elle est inquiète, fatiguée et irritable.

Denis, surenchérit avec une anecdote sur le vomi/caca de son fils quand il avait la gastro. Lau, rit, en mode « on se comprend ».

Il est 07H45, ma journée commence avec la vision d’une mère fatiguée et d’une couche pleine.

 

10H00 : Je rejoins la team « Parents heureux » pour ma pause. Ça discute grossesse, j’écoute d’une oreille pour savoir à quoi m’attendre, sait-on jamais.

– J’ai passé les 3 premiers mois de ma grossesse à vomir, j’étais vraiment crevée,  je m’endormais dès que je rentrais à la maison.

– Moi je n’avais pas de nausées, mais par contre je te raconte pas les hémorroïdes et les crampes…

Je grimace, ils aperçoivent mon air dégouté et tentent de me rassurer :

– Non, mais ne t’inquiète pas, chaque grossesse est différente… Et sinon Brigitte, tu as eu des cystites toi pendant ta grossesse ?

Je retourne m’assoir en me disant que passer 9 mois dans cet état n’est pas humain.

 

12H00: Pause déjeuner, le moment parfait pour parler… d’accouchement bien-sûr ! Une mine d’informations inestimables pour une future mère en devenir.

Alors, si j’ai bien tout compris de la conversation, il y en a une qui a souffert le martyr pendant plus de 15 heures. Quand le bébé sort il est tout gris et peut avoir la tête déformée.. OK, je suis prévenue.

Une autre a eu une épisio, et puis après il y a les lochies (j’étais pas au courant de tout ça, mais d’ailleurs c’est quoi au juste ? Parce qu’à première vue, la seule chose que ce nom m’évoque c’est une sorte de pâtes italiennes. Lochies, Gnocchis…  ), et le séjour à la maternité, ça a l’air terrifiant…

Ha tiens, maintenant il parlent allaitement. QUOI ?! On peut avoir des crevasses ? Mais c’est dégoutant ! Et puis machin a fait un babyblues, ça donne pas envie.

 

13H00 : J’ai bien cru que cette pause ne finirait jamais, j’en ai perdu l’appétit. Je me risque tout de même à aller prendre un café avant de me remettre à mon poste. Simone a les larmes aux yeux, elle n’arrive plus à gérer son 5 ans et sa 3 ans. Elle dit qu’elle n’a plus de temps pour elle et qu’elle a besoin de vacances. OK, ce café était finalement une mauvaise idée.

 

19H00 : Je retrouve mon amoureux à la maison. Il me dit qu’il m’aime et qu’il veut fonder une famille. Il me demande quand est-ce qu’on s’y met. Je lui réponds : « JAMAIS ! ».

Conclusion

Vous comprenez mieux maintenant ? Nous, les parents parlons trop, nous plaignons trop. Nous avons tendance à passer plus de temps à énumérer ce qui ne va pas, plutôt que décrire l’immense joie que nous vivons avec nos enfants. Nous oublions de raconter notre émerveillement devant leurs sourires, notre fierté devant leurs apprentissages, notre humilité devant ces petites vies.

Alors pour la survie de notre espèce, chers parents, n’oubliez pas de raconter AUSSI votre bonheur !


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La baisse du taux de natalité, une histoire de parents

20 commentaires

  • Maman ordinaire

    Ah ah c’est tellement vrai !!
    Malheureusement il en va de notre survie de nous plaindre 😊 et pour donner l’envie d’avoir envie il y a les photos sur les réseaux sociaux… le seul endroit où l’on ne se plaint jamais, où on étale juste les bons moments 😉

  • Maman Sur Le Fil

    Tu as tellement raison !! Les médias et la blogosphère n’aident pas non plus… Entre les émissions, Super Nanny et le Grand Frère qui ne dépeignent que les côtés hyper durs et négatifs n’aident pas non plus…

    En même temps, c’est notre secret, notre petit cocon, ces merveilleux moments avec nos amours !

    Tu m’as bien fais rire en tout cas !

    Bises
    Virginie

  • Bébé est arrivé !

    C’est vrai ce que tu dis. Pour autant et sans vantardise de ma part, je sais que je fais rarement l’erreur de parler ainsi de cette vie de maman. Papounet un peu moins 😉
    Très sincèrement, ça me lasse d’entendre sans arrêt des parents soupirer en se plaignant des inconvénients de cette nouvelle vie. Comme tu dis, c’est aussi plein de bonheur mais comme tout bon français qui se respecte, on préfère parler des choses qui ne vont pas que celles qui vont 😉

    Très bonne journée à toi
    Cécilia

    • Lauriane

      haha oui, j’avoue que moi la première j’ai tendance à me plaindre et ne pas faire attention à qui écoute. En fait cet article m’a été inspiré par une collègue de travail sans enfant qui un jour nous a dit qu’à force de nous entendre elle était de plus en plus dégoutée par la maternité. Ça m’a remis un peu les pendules à l’heure.

  • Maman BCBG

    Roooh je réalise en te lisant que je dois être la méthode de contraception numéro une de mon boulot ! Toujours à me plaindre !!
    En même temps, c’est tellement plus facile de faire rigoler la galerie avec ta nuit épique, entre la gastro de l’aîné et le rhume de la petite (rhume qui l’a fait vomir à force de tousser, donc le résultat est le même que pour l’aîné !) que de faire comprendre le bonheur que cela peut être de sentir une petit tête (fût-elle couverte de vomi) se blottir contre ton épaule au milieu de la nuit, en mode “tu es là Maman alors ça va déjà mieux”…

    Mais tu as raison, faudrait pas effrayer tout le monde car sinon, qui va payer nos retraites 😉 😉 ?

  • MamanDe4

    ah ah oui, tu as raison, il y aurait de quoi éviter cette nouvelle vie !
    Mais je pense qu’on aime bien souffrir, car on a toutes entendu ce genre d’histoires, et pour autant l’envie d’enfants est bien là !! 🙂

    • Lauriane

      Pour ma part j’ai vraiment ressenti comme un besoin, horloge biologique, qui sait? On aurait pu me raconter tout et n’importe quoi que ça ne m’en aurait pas dissuadé.

  • Madame Bobette

    Je crois que j’ai un collègue qui est exactement comme ça, heureusement que je ne l’ai pas écouté 😉 Pour autant, je n’ai pas l’impression d’avoir cette attitude au boulot (ou ailleurs) car finalement même si ce n’est pas facile tous les jours, ça reste la plus belle chose qui me soit arrivée et ça je pense que je le dis assez souvent par contre ^^

    • Lauriane

      C’est vrai qu les parents échangent beaucoup sur mon lieu de travail car nous sommes pour la plupart soit de jeunes parents, soit de jeunes diplômés. Du coup les conversations ont tendance à être toujours les mêmes.

  • Mamanchloe

    Héhé super cette article ! C’est vrai que lorsqu’on est pas encore parents, ça fait peur !! Et en même temps il faut le vivre pour comprendre qu’on en bave grave mais que c’est aussi la plus belle chose au monde ! 😉

  • Irène

    Je pense qu’il faut différencier baisse du taux de natalité et baisse de la fertilité.. La première s’explique surtout par des problématiques sociales, déjà un pays qui se développe voit son taux de natalité baisser car on peut davantage choisir si on veut ou non des enfants (et c’est très positif). Quand il baisse beaucoup, plus que chez nous (la France n’est pas la moins bien lotie par rapport à l’Allemagne par exemple), c’est souvent que pas assez de choses ne sont faites pour que les femmes puissent concilier travail et enfants… Le fait d’avoir écoles et crèches gratuites ou peu chères et suffisamment nombreuses est un facteur clé par exemple ! En d’autres termes, plus on met en place les facteurs d’un VRAI choix, plus on a de chances d’arriver à un certain équilibre. Bon quoi qu’il en soit la survie de l’espèce humaine n’est pas vraiment menacée, le reste du monde a encore un taux de natalité TRES important, et même avec des décennies de baisse du taux de natalité… ben au pire on serait moins nombreux sur cette planète, ce ne serait pas si grave finalement 🙂 Donc pas de panique sur le principe, après ça reste important tout de même de ne pas terroriser les mamans humainement aha !

  • Elo

    Je ne suis pas maman et j’ai 29 ans.
    Il y a plusieurs années, mon “idéal” de vie familiale était d’avoir deux enfants et un mari.
    Aujourd’hui au vu du monde dans lequel on vit, je souhaite plus qu’en avoir un, et ne pas me marié.

    J’ose imaginé tout le bonheur qu’un enfant peut apporter dans une vie, mais je crois que maintenant je préfère largement me “concentrer” sur un enfant, essaye de l’élever du mieux que je puisse, lui apporter tout ce que je pourrais etc… Je travaille dans le domaine de la restauration, donc je vois énormément de famille, et des fois c’est vrai que rien de les voir “parler/agir” etc… ça me rebute complètement. Je n’ai pas envie de faire des enfants juste pour faire des enfants (il y a déjà beaucoup de pression sociale je trouve) et pour toucher un peu plus d’argent à la fin du mois. Au contraire, je préfère en avoir un et gérer au mieux même côté financier, car oui un enfant ça coute aussi cher mine de rien et J’AI pas envie de galère, et j’ai pas envie que MON enfant le subisse en retour.

    Alors voilà, peut être que j’aurai la chance de fonder ma famille un jour, ou peut être pas on verra bien, mais mes idéaux ont bien changé avec le temps. 🙂

  • Kara

    Superbe article. Mes collègues de boulot ont toujours été la meilleure des contraceptions!
    Et lorsqu’elles parlent du post accouchement ça vaut le détour!
    En dehors de tous ces partages, la société et le coût de la vie font le reste.

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