L’amitié à l’épreuve des enfants

Amitié et parentalité - les petits cailloux - Blog Famille et Lifestyle

L’amitié est-elle éphémère ?

Crée-t-on des liens solides qui s’effilochent avec le temps ? Comme une ficelle qui s’use et craque du jour au lendemain.  C’est une question qui  me trotte dans la tête depuis quelques temps. Et plus précisément, notre condition de parents a-t-elle une incidence sur nos liens d’amitié au point de les remettre en cause ?

Je suis mère, et comme tous les parents trentenaires j’ai des amis qui le sont aussi. Pourtant j’ai également des amis sans enfants. La plupart sont des amis de longue date, rencontrés à la fac, ou lorsque j’étais jeune (enfin, plus jeune que maintenant, car je suis toujours jeune, hein).

La vie suit son cours, nous grandissons, nous évoluons, nous changeons chacun à notre rythme. Je m’étais déjà posée la question pour la distance et je me suis rendue compte bien vite qu’être loin ne changeait à vrai dire pas grand chose, à part la frustration de ne pas pouvoir voir nos amis aussi souvent qu’on le souhaiterait. Mais les liens sont là, toujours aussi forts, et l’envie de continuer à entretenir la flamme de cette amitié perdure malgré la distance.

La parentalité, elle, change notre mode de vie.

J’en vois bien arriver certains qui me diront que non, nous ne devons pas changer nos habitudes pour nos enfants, mais la réalité fait que malgré nous, certaines choses changent et c’est tout à fait normal.

Alors nous devenons différents, nous avons de nouvelles priorités qui ne correspondent pas forcément à celles de nos amis sans enfants. Le 18 – 20 h qui était jusque là l’heure de l’after-work où les copines se rejoignent pour prendre un verre, laisse place au marathon de la sortie d’école, bain, cuisine, couché. Les congés ne peuvent plus être pris en dernière minute hors vacances scolaires, et il en va de même pour les week-end et soirées improvisées. Je ne parle même pas des appels téléphoniques qui sont entrecoupés toutes les cinq minutes (secondes) par les sollicitations ininterrompues de nos bambins. Et les centres d’intérêts changent, eux aussi.

Qui se ressemble s’assemble, mais pas obligatoirement

Avec le temps, on se rend bien compte que nos soirées autrefois si délurées se sont bien assagies. Les parents se retrouvent ainsi les uns chez les autres. En plus du vin, tout le monde apporte son lit parapluie, et les discussions tournent toujours très vite autour de la vie de famille. Je peux comprendre l’ennui et le désintérêt quand on ignore encore tout de ce monde là. Je peux comprendre aussi que certains problèmes des nullipares paraissent insignifiants aux parents quand leurs premières inquiétudes sont portées vers leurs enfants. Ce que je ne comprends pas par contre c’est le mépris des uns ou des autres envers ce qui peut nous toucher qu’on ait des enfants ou pas.

Ainsi, lorsque je vois mes amies sans enfants je tente de ne pas monopoliser la conversation avec mes enfants. Et ça me fait du bien. Ça me fait du bien de sortir un peu de ma bulle, de voir comment vivent les autres, d’écouter les histoires d’amours naissantes de certains, de parler de futilités ou de débattre sur divers sujets. J’ai toujours été convaincue que la différence est enrichissante, et cela s’avère encore vrai en matière d’amitié.

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Après mûre réflexion, j’en suis arrivée à la conclusion que l’amitié, comme les projets, comme les plantes, comme l’amour, ne perdure que si l’on s’y investit. Il s’agit comme en amour de faire des concessions des deux côtés. Se mettre à la place de l’autre pour le comprendre et l’accepter tel qu’il est, c’est à dire différent de soi. Prendre soin de ses amis comme on arroserait une fleur pour ne pas qu’elle flétrisse, en prenant des nouvelles malgré le manque de temps, malgré les obligations, et même si ce n’est que ponctuel cela compte. Mes pires ennemis dans cette affaire restent le temps et l’organisation.

Je culpabilise toujours un peu de ne pas être aussi disponible pour eux que je le souhaiterais. Mais je sais aussi que je suis comprise, que mes amis sont là par la pensée. Je les remercie et je les aime pour cela. Alors non, l’amitié n’est pas éphémère, la parentalité n’est pas un obstacle. Il faut juste décider de ne pas couper la ficelle d’un coup de ciseaux.


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L'amitié à l'épreuve des enfants - Les liens amicaux changent-ils lorsqu'on devient parents

 

 

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10 Commentaires

  1. Reply
    Deborah
    avril 9, 2018 at 12:57

    Je te rejoins: ça change, forcément… Même si on fait tout pour que ça change le moins possible, les enfants nous prennent du temps et de l’énergie. Temps et énergie qu’on n’a plus du coup pour les copains. J’avais aussi écrit un post récemment sur le sujet. https://seayouson.com/2018/02/26/l-effet-inattendu-que-l-arrivee-d-un-enfant-a-sur-nos-amities/ Comme quoi ça travaille les mamans trentenaires, hé hé! (Et pour moi, c’est finiiiiiiiiii le lit parapluie, nos prochains repas, on va devoir tenter de le faire dormir dans le lit de grand des copains, aah ah)

    1. Reply
      Lauriane
      avril 9, 2018 at 9:45

      Je viens de lire ton article, qui est super ! et je te rejoins aussi sur les amis qui ont des enfants mais avec qui ça ne colle plus à cause de l’éducation. Je fais partie de la catégorie parents gnangnans, montessori et cie (enfin ceux qui essaient et qui galèrent haha), et je pense qu’en matière d’éducation il faut savoir rester à sa place et surtout ne pas juger autrui. On m’a quelques fois fait des réflexions en mode conseils sur ma façon d’élever mes enfants, et j’avoue ne pas l’avoir très bien pris surtout quand je ne demande rien à personne. Mais ce débat dépasse le cercle de l’amitié, il en va de même avec la famille et un peu tout le monde d’ailleurs 🙂

  2. Reply
    MamanDe4
    avril 9, 2018 at 9:36

    Effectivement, avec les enfants, les relations changent, à commencer par avoir moins de dispos. Ce qui m’amuse maintenant, c’est de voir nos enfants jouer ensemble. En espérant qu’ils reprennent le flambeau de notre amitié… doux rêve ! mais je te rejoins dans ce que tu dis, ce qui est compliqué, c’est quand des amis sont encore célibataires. Ce n’est pas facile pour eux de se retrouver entourés de gamins !! A nous de faire attention à eux !

    1. Reply
      Lauriane
      avril 9, 2018 at 9:48

      Mais oui, moi aussi je nourris cet espoir que nos enfants soient tous potes un jour ! ils sont encore petits mais pour l’instant c’est bien parti !

  3. Reply
    Florie
    avril 9, 2018 at 11:28

    Je suis complètement daccord avec toi laurianne, meme si jai conscience que pour certains amis sans enfants il peut parfois etre difficile de comprendre le rythme dune vie familiale. Ceci etant, les vrais amis même si ils ne le comprennent pas toujours, l’acceptent.
    Ceci dit , pour ma part, le fait davoir des visions opposees en terme d’éducation m’éloigne de certains amis qui ont deja des enfants (les nullipares ont bien le temps de se faire leur propre opinion). Apres je me demande si l’éloignement est généré par cette difference de points de vue ou si ce netait pas deja un peu le cas et que cette difference l’a accentué… mais pour moi le choix d’éducation touche malgré tout a des valeurs humaines qui sont proches ou non des miennes. Parfois les amis ont évolué dans leur personnalité comme j’ai pu le faire avec les evenements de la vie. Il n’empêche que pour moi cest un vrai sujet de la parentalité…

  4. Reply
    Les Jolis Slims
    avril 9, 2018 at 1:21

    Joli partage, merci pour ce texte 🙂
    J’attends mon premier enfant et je me pose des questions sur ce sujet. Je ne sais pas encore ce qui se passera à la naissance de notre fille, mais d’instinct, je me dis qu’une relation amicale est comme une relation amoureuse, pour que ça marche il faut en avoir envie des deux côtés et faire des concessions sans avoir le sentiment d’en faire. À partir de là, je ne pense pas perdre mes amis les plus proches. Enfin, j’espère !
    Néanmoins, je suis assez susceptible quand je me sens envahie et clairement, ceux qui penseront avoir leur mot à dire sur l’éducation de mon enfant ne seront pas ceux qu’on verra le plus ^^.

  5. Reply
    GToch
    avril 9, 2018 at 9:58

    Cet article me parle beaucoup, mais dans le mauvais sens malheureusement…
    Nous avons eu nos enfants en “premier”, aucun de nos amis n’en avaient. Nous étions seuls jusqu’à Pilou3.
    Nous avons toujours fait les efforts dont tu parles si bien, par volonté, par choix, par envie.
    Nous nous sommes toujours déplacé, en journée, en semaine, en soirée, le WE… peu importe…
    Puis lorsqu’ils ont commencé eux aussi à avoir des enfants **un ou deux faut pas abuser non plus, nous restons seuls dans la case famille nombreuse ! ;)**… Nous avons assisté impuissant à la fabrication de leur “bulle”.
    Des coups de file lorsqu’ils étaient dans le doute ou le besoin, oui bien sûr ! “Toi qui as PLEIN d’enfants, dis Nous…” Super je n’existe que par mon rôle de mère de famille nombreuse. Je ne l’ai pas spécialement mal vécu, mais c’était un peu comme écrit au néon en plein nuit 😀
    Bref, j’ai beaucoup de regret par rapport à ce que Nous avons fait de notre côté pour ne rien imposer à personne, pour continuer à vivre normalement… et finalement pour ce rendre compte que dans l’autre sens c’est un peu moyen bof…

    Mais je reste persuadée que c’est ce qu’il faut faire <3

  6. Reply
    Sonia
    avril 10, 2018 at 12:30

    Ah lala l’amitié et les enfants… Vaste sujet… Déjà je dirais qu’il y a une vraie différence entre un bébé et un enfant scolarisé. Ici mes amis les plus proches n’ont pas d’enfant, alors à l’arrivée de Martin on a eu un peu peur… Et puis finalement nous avons pas tant que ça bousculé nos habitudes, tant qu’il était gardé en nounou nous n’hésitions pas à nous déplacer chez les copains et le faire dormir dans la chambre d’à côté et surtout nos amis ont bien plus fait l’effort de venir bien plus chez nous. Nous sommes devenus un peu les hôtes “officiels”. Avec l’école forcément ça a changé. Nous ne nous déplaçons plus en semaine (hors vacances scolaires) pour assurer à Martin un vrai rythme et un vrai repos, mais en vrai les copains toujours sans enfants sont un peu plus casaniers avec “l’âge”, alors eux aussi sortent moins en semaine… Pour l’instant on a réussi à garder l’équilibre. Je ne cache pas qu’avec l’arrivée du ptit deuxième j’appréhende un peu (c’est une chose de nous recevoir avec 1 mais 2…)Alors on verra et on improvisera mais comme toi je reste persuadé que les amitiés restent même si on ne se voit plus aussi souvent que dans Friends! C’est juste des nouvelles habitudes…. (presque plus personne ne m’appelle juste pour papoter avant 21h :D)

  7. Reply
    Madame Bobette
    avril 10, 2018 at 3:19

    C’est vrai que ça change forcément. Surtout sur ce créneau 18-20 tant redouté par les parents…
    Mais finalement, comme tu dis, si on s’y investit, tout est possible. Depuis que j’ai ma fille, je n’ai pas l’impression d’avoir sacrifié mes vrais amitiés. Oui, je prends moins voire plus du tout de temps pour les connaissances mais je vois presque plus souvent nos vrais amis et ceci même s’ils n’ont pas d’enfant 🙂

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