Mes enfants ne m’appartiennent pas

Mes enfants ne m'appartiennent pas

Mes enfants sont encore petits, mais il y a une chose que je me suis promise bien avant de devenir mère, c’est de veiller à les accompagner dans la vie sans jamais les priver de leur liberté. Leur liberté de choix, leur liberté de penser différemment, leur liberté d’être ce qu’ils sont, et de vivre entièrement.

Mes enfants ne m'appartiennent pas

La question de l’appartenance

Pour cela il faut partir du postulat que nos enfants ne nous appartiennent pas. Pour ma part je trouve cela logique. Nous ne finissons pas notre vie avec nos parents (enfin la plupart du temps). Et les liens parents/enfants ont beau être très forts dans certaines familles, cela ne veut pas dire que les parents sont en droit de juger le mode de vie ou les décisions de leurs enfants.

Pourtant c’est si tentant. Nous les avons créés, portés pendant des mois, ils sont notre chair. Nous vivons chaque jour avec eux jusqu’à leur majorité voire plus. Et je pense qu’une part de nous ne peut s’empêcher de se projeter en eux. Mais finalement nous ne sommes que des accompagnants, nous sommes là seulement pour les guider et les conseiller. Et je crois qu’être capable de les laisser libres, c’est accepter de sortir de l’affect.

Guider sans imposer

Le plus difficile en réalité est de savoir quelle est la frontière entre ce qui reste de l’ordre du conseil et ce qui devient un jugement de valeur ou un ordre.

Par exemple, concernant le choix des études, de nombreux parents émettent un droit de veto sur les orientations de leurs enfants. Moi-même, j’ai le souvenir lointain de mes parents ayant insisté lourdement pour que je continue des études universitaires alors que je n’en avais pas vraiment envie à l’époque. J’étais pourtant majeure, j’aurais pu ignorer leur avis et continuer ma route, mais je me suis sentie un peu obligée de suivre leurs directives et je ne voulais pas les décevoir.

Aujourd’hui je suis très heureuse d’être allée à la fac. Ces années représentent mes meilleurs moments d’insouciance et de bringue, ils ont participé à me construire et forger mon caractère. Si je n’avais pas continué mes études, je ne serais pas partie en ERASMUS, je n’aurais sans doute pas vécu au Canada, mais j’aurais peut être aussi eu une vie tout à fait différente mais tout aussi heureuse.

Alors, que faire le moment venu ?

Quand les choix de nos enfants ne sont pas en accord avec nos convictions, quel comportement adopter ? Car cela arrivera forcément. Un jour mes enfants seront des adolescents. Ils seront flemmards, boutonneux, auront une notion très limitée de la propreté et surtout, ils auront envie de nous contredire, par principe.

Personnellement, je ne me vois pas imposer quoi que ce soit à mes enfants. Qu’on s’entende bien. Il ne s’agit pas de laxisme. Si une situation devait les mettre en danger, j’interviendrais immédiatement. Mais concernant leurs choix de vie, j’essaierai de les conseiller du mieux que je peux sans jamais imposer mon avis. Et s’ils se loupent (et nous savons que ça arrivera), je serai là telle une béquille, pour les soutenir sans leur reprocher leur faiblesse, sans les accabler d’un “je te l’avais dit”.

Pour moi c’est ça être parents, se retenir, laisser son enfant faire ses propres erreurs, ses propres expériences et être toujours disponible pour lui quand il en a besoin.

Indépendance et autonomie

Et justement, comme ils ne nous appartiennent pas, je suis convaincue que leur sentiment de liberté passe par l’autonomie et l’indépendance. Moins ils auront besoin de nous, plus ils auront toutes les clés en main pour être les personnes qu’ils veulent devenir.

Dès leur naissance, nous les préparons. Les premiers mois nous les aidons à survivre, puis chaque étape devient une quête d’indépendance. Je pense que cette autonomie doit leur être inculquée dès le plus jeune âge, sans pression, à leur rythme et par le jeu.

À la maison, nous essayons au maximum de respecter quelques principes de bases afin de favoriser cette autonomie.

Leur apprendre à faire seul, en étant présent si besoin. Le plus dur est de bien laisser le temps à l’enfant, et d’être patient. Il ne faut pas oublier qu’un enfant a besoin de temps pour assimiler une technique et en aucun cas il ne faut le presser. Donc avec papa Cailloux on évite autant que possible de commencer à leur apprendre à faire quelque chose  un lundi matin, dix minutes avant de partir à l’école car à tous les coups ce serait la crise assurée. Et en même temps, c’est un peu logique, non ?

Développer leur libre arbitre. Même tout petits ils sont capables de raisonner et d’avoir un avis. Ils peuvent faire des choix et avoir leurs préférences. Nous demandons ainsi souvent à mon gravier ce qu’il pense de certains sujets.

Stimuler leur curiosité.  Pour moi la curiosité c’est la soif d’apprendre, de comprendre et d’aimer la vie. J’essaie donc de lui faire partager le goût de la découverte et de l’initier à des activités nouvelles régulièrement.

Finalement, être parent c’est transmettre. Transmettre notre savoir, partager nos expériences et surtout donner beaucoup d’amour. Il ne devrait pas y avoir de place pour le jugement.

Et pour vous, c’est quoi être parents ?

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Mes enfants ne m'appartiennent pas_ ma vision de la parentalité

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20 Commentaires

  1. Reply
    Bébé est Arrivé !
    février 22, 2018 at 9:11

    J’ai l’impression de m’entendre lorsque je te lis. Je rejoins totalement tes propos. Mon sentiment est qu’à la seconde où l’enfant naît, il ne nous appartient plus. Notre rôle n’est pas de vivre sa vie mais de l’accompagner jusqu’au jour où l’on lui lâche la main afin qu’il vole de ses propres ailes.

    Bonne soirée
    Cécilia

    1. Reply
      Lauriane
      février 25, 2018 at 10:17

      Entièrement d’accord avec toi. Pas si facile à appliquer au quotidien, mais je pense que nous devons aussi apprendre à prendre de la hauteur pour pouvoir mieux répondre à certaines situations avec le recul nécessaire. Bises

  2. Reply
    Picou
    février 22, 2018 at 11:20

    Tout comme toi je pense qu’il ne faut pas imposer ses propres choix à son enfant…Notre rôle en tant que parent et de les accompagner sur leur propre route. Pour moi ça ne veut pas dire non plus les laisser totalement libres, car c’est aussi notre rôle de parent de guider, d’informer, de partager notre vécu et notre expérience ; c’est de leur permettre de prendre leurs propres décisions éclairées et de les respecter même si effectivement ça n’est pas ce qu’on aurait souhaité au premier abord…

    1. Reply
      Lauriane
      février 25, 2018 at 10:20

      Comme tu les dis, tout est une question de dosage. Les accompagner, les guider tout en respectant leurs choix et qui ils sont.

  3. Reply
    Pellicule de vie
    février 23, 2018 at 6:43

    Je suis absolument d’accord avec toi. Ils sont des êtres à part entière. Tu as totalement bien résumé le rôle que l’on doit jouer dans leur vie

    1. Reply
      Lauriane
      février 25, 2018 at 10:22

      Merci, on se pose toujours un tas de questions sur notre rôle de parents, mais pour moi ce cheminement là est venu très naturellement.

  4. Reply
    Maman Sur Le Fil
    février 23, 2018 at 8:48

    Tu as tellement raison… C’est vraiment hyper important de détacher nos propres envies, nos propres angoisses de nos enfants… Mais c’est loin d’être si simple au quotidien, nos propres éducations, réflexes ont la dent dure !

    Je pense qu’en être conscient est déjà un vrai plus !
    Merci pour ce beau billet…

    Virginie

    1. Reply
      Lauriane
      février 25, 2018 at 10:24

      Et oui, nous sommes nous même conditionnés par l’éducation que nous avons reçu, donc comme tu le dis pas évident de mettre en pratique au quotidien.

  5. Reply
    Maman Pirouette
    février 23, 2018 at 10:17

    Je te rejoins COMPLÈTEMENT ! Je suis d’accord sur tout. Mais tout au fond de moi, je dois avouer que j’ai ce petit pincement au cœur à l’idée que mon enfant ne m’appartienne pas vraiment.
    Mais dans la vie de tous les jours, je fais tout pour qu’il gagne en indépendance et qu’il fasse ses propres choix, même à 2 ans et 4 mois 😉
    Merci pour ce joli billet !

    1. Reply
      Lauriane
      février 25, 2018 at 10:27

      Merci à toi pour ce commentaire, c’est vrai que ça fait toujours un petit pincement au cœur, alors souvent je me mets à la place de l’enfant, et j’imagine que moi-même en tant qu’être à part entière, même tout petit, j’aimerais qu’on respecte mon avis et mes choix.

  6. Reply
    Julie Olk
    février 23, 2018 at 1:19

    Je suis tout à fait d’accord avec toi et j’irai même jusqu’à dire que même si l’on fait des enfants parce que l’on en a envie, qu’avec notre conjoint nous souhaitons construire une famille, pour autant on ne fait pas des enfants pour soi. Ils ne sont pas là pour répondre à l’un de nos besoins. On ne fait pas d’enfant pour se sentir aimer ou combler un manque car une fois qu’ils sont là ce sont des individus à part entière avec leur caractère, leurs souhaits, leurs propres envie…

    1. Reply
      Lauriane
      février 25, 2018 at 10:30

      Je te rejoins complètement. Nos enfants ne sont pas là pour combler quoi que ce soit. Le fait de construire une famille n’implique en aucun cas que nos enfants pallient à un manque affectif ou autre.

  7. Reply
    Claire
    février 23, 2018 at 3:56

    Je partage exactement ton point de vue. Pour moi, mon rôle de mère est un rôle d’accompagnant. Cette notion de pouvoir sur son enfant me dérange terriblement mais chacun à ses raisons.

    1. Reply
      Lauriane
      février 25, 2018 at 10:33

      Cela me dérange également. Je trouve que cela induit une sorte de suprématie parentale que je trouve très malsaine. Après nous savons aussi que chacun fait comme il peut, en fonction de son passif et de son éducation même si cela n’excuse pas tout. Bises

  8. Reply
    Virginie Neleditesapersonne
    février 23, 2018 at 5:47

    C’est parfait ! Je te rejoins à 200%. J’espère surtout y parvenir parce que je pense que même inconsciemment nos choix, notre mode de vie, nos actes et simplement notre vision de la vie participent à orienter celle de nos enfants. C’est une vraie question que je me pose régulièrement; car en ce qui me concerne, je sais que mes parents m’ont transmis pas mal de blocages, et je sais évidemment qu’ils ne l’ont pas fait volontairement. Du coup je suis constamment en train d’essayer de placer le curseur, mais ce n’est pas évident et je pense que ça ne sera pas plus simple à mesure qu’ils vont grandir …!
    Enfin on fait tous du mieux que l’on peut et c’est déjà pas mal, non 😉

    1. Reply
      Lauriane
      février 25, 2018 at 10:38

      Je pense qu’en être conscient et se poser la question c’est déjà très bien. Cela prouve qu’on a envie qu’on envisage bien notre enfant comme un être raisonné capable de faire des choix pour lui. Et je pense aussi que montrer à son enfant qu’on a confiance en lui, ne peut qu’avoir des répercutions positives sur ses actes et ses réflexions. Bises

  9. Reply
    Chutmamanlit
    février 23, 2018 at 6:02

    Suivre son enfant et l’accompagner me paraît évident, mais dans la pratique, je sais que ce sera un long chemin. Je sais aussi que ça peut arriver bien plus tôt qu’à l’adolescence !

    Cela fait par exemple plusieurs années (avant même d’être mère !) que je suis le blog https://raisingmyrainbow.com/ (en anglais) de cette maman dont le fils est “gender creative”. Depuis l’âge de ses 3 ans, il a toujours préféré “les trucs de filles” et depuis plusieurs années, je suis le cheminement de ces parents : sentir leur fils assez fort pour le laisser aller à l’école en jupe, malgré les remarques ; apprendre avec lui comment répondre aux moqueries (au mieux) et insultes (au pire) ;… L’exemple de cette famille paraît peut être extrême, et c’est pourtant une réalité qu’ils n’avaient probablement jamais imaginé à la naissance de leur enfant !

    Tout ça pour dire : accompagner ses enfants, c’est une évidence, mais les accompagner dans un chemin qui peut les mettre en danger ou à l’écart de la société soulève de toutes nouvelles questions !
    Alors, si mon fils aspire à faire des choses qui viennent à l’encontre de mes valeurs (le pire ? qu’il devienne boucher 😀 Non mais franchement, avec une mère végétarienne !), j’espère que je serais assez grande et assez forte pour l’accompagner dans son chemin de vie.

    1. Reply
      Lauriane
      février 25, 2018 at 10:47

      hahaha Pour moi aussi le coup du boucher, ce serait une angoisse car je suis végétarienne. Mais par exemple mes enfants mangent de la viande et je ne me vois pas leur imposer d’être végétariens parce que je le suis aussi. Par contre j’estime que je me dois de les informer, pour qu’ils prennent leur décision en connaissance de cause.
      En ce qui concerne l’exemple de ce petit garçon, l’enjeu est d’autant plus important de bien le soutenir et l’accompagner pour faire face à une société qui est loin d’être tolérante sur certains sujets.

  10. Reply
    Azylis
    février 25, 2018 at 7:33

    Difficile à trouver comme équilibre mais bien nécessaire. Pour le bien être mais aussi pour la sérenité des parents ^^

  11. Reply
    Kiara
    mai 22, 2018 at 4:25

    Je suis bien d’accord avec vous, nos enfants ne nous appartiennent pas. C’est d’ailleurs difficile de faire le point sur les limites à respecter surtout que chaque génération est différente. Il faut donc apprendre à évoluer et respecter les choix de nos progénitures.

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