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Merci qui ? Merci Jaquie !

Si vous me suivez un peu sur les réseaux, vous devez savoir que j’ai participé pour la première fois à une course pédestre il y a peu. cela mérite bien un petit article tant je suis fière de mes exploits.

Et ouais, 10 km mec ! En une heure sept ! Si c’est pas un super Chrono ça !

Enfin commençons plutôt par le début, c’est à dire une conversation messenger impliquant deux amies: A (comme Aude, mais ça n’est pas son prénom hein – wink wink ) et G (comme Géraldine mais dans un souci d’anonymat et de confidentialité, nous l’appellerons G … ou Gertrude… au choix.) et moi-même. Donc dans cette conversation messenger on se montait joyeusement le bourrichon à grand coup de “haha non mais 5 km les filles, c’est easy, on peut faire les 10 sans problème”. Nous étions ultra motivées, j’avais même soigneusement évité de boire une bière la veille, double exploit pour un samedi soir.

Rendez-vous à 07h05 pour le covoiturage. A est arrivée pour une fois à l’heure à 07h20, quart d’heure aixois oblige, juste le temps de récupérer G et nous voilà parties telles trois aventurières à la conquête du monde hostile et dangereux du running.

Se donner rendez-vous à 07h05 signifie qu’il faut se lever avant 07h05. Personnellement j’ai de la chance, j’ai deux enfants et un travail qui m’y entrainent depuis des années en prévision de ce grand jour. Pour les copines par contre, le réveil fut plus difficile. C’est donc les yeux collés de fatigue que nous nous sommes engagées sur l’autoroute et que nous avons raté la bonne sortie.

45 minutes plus tard et un petit détour supplémentaire nous voilà arrivées. Trois magnifiques trentenaires en collant moulant multicolores prêtes à en découdre. Mais oui ma bonne dame, chez les runners la mode est toujours au legging. Cette pratique infâme de porter un collant qui te grossit les fesses et les cuisses, dans le monde merveilleux de la course à pieds c’est la norme. Certains s’autorisent quelques originalités comme le head band anti transpi du front mais nous n’étions pas encore assez familiarisées avec les us et coutumes de cette communauté fascinante et sommes restées dans la banalité la plus totale vestimentairement parlant.

Récupération des dossards ok. Nous nous dirigeons tranquillement vers la ligne de départ. Tiens, une pause pipi s’impose, le départ est à 09h30 nous avons bien le temps de trouver un bar ou une âme charitable nous laissera utiliser ses toilettes avant de partir. Prenons notre temps, après tout il nous reste bien une demi heure à attendre avant le coup d’envoi. Je vois au loin une silhouette en train de s’agiter. G nous fait de grand gestes, bizarre. Les gens s’agglutinent près de l’arcade mais il n’est que 09h00. Un des organisateurs parle au micro, juste le temps d’arriver au point de départ de la course et en une seconde c’est la ruée. Note pour plus tard: apprendre à relire ses mails, départ de la course à 09h00..

Je m’élance, me rappelant les conseils avisés du coach: ne pas partir trop fort, ne pas se laisser happer par l’élan du début, garder des réserves pour tenir sur toute la longueur du parcours. Je commence tranquille, je longe la côte, une petite brise dans mes cheveux, je regarde la mer. J’ai l’impression d’être un de ces chiens assis dans une voiture qui passe sa gueule au travers de la fenêtre pour sentir la vitesse et le vent. La ligne est droite, le soleil brille et la mer est magnifique. Je me sens pousser des ailes.

Après 2 kilomètres je commence à accélérer le pas. J’ai trouvé mon rythme, je double même des gens. En fait courir c’est hyper facile. Et si j’accélérais encore un peu.

4 kilomètres, on quitte le bord de mer, ça commence à monter. Je ne me décourage pas, je diminue l’ampleur de mes foulées, me concentre sur ma respiration. Pas de point de côté, tout va bien. C’est que ça monte bien quand même ! A me dépasse et s’en suit un chassé-croisé ou nous nous doublons chacune notre tour, moi dans les descentes, elle dans les montées.

Sixième kilomètre, ça y est je sue, heureusement il y a le ravitaillement ! J’attrape un verre d’eau tendu au passage. Note pour plus tard: ne plus essayer de boire en courant à moins de vouloir prendre une douche…Ça monte encore et toujours. Je commence à sentir mes mollets. A quelques mètres devant moi j’aperçois une silhouette. Je me fixe comme objectif de la dépasser. Je la talonne, j’ai mal mais je parviens non sans peine à me mettre à son niveau. Et à chaque virage, chaque intersection j’entends crier ” Allez Jaaaaquiiiie !!!”, “Courage Jacquie !!!”.

Jusqu’à la fin nous courons côte à côte. Je commence à être jalouse devant autant d’encouragements pour ma congénère, et moi relayée au second plan. J’essaie de la dépasser mais elle court bien trop vite. Ses petites jambes font la moitié des miennes, elle a l’air toute légère, on dirait qu’elle vole comme une plume. Elle ne laisse paraître aucune forme de douleur.

Septième kilomètre, un photographe accroupi prend des clichés des coureurs. Je tente d’esquisser un sourire mais je sais pertinemment que ce sadique m’a pris quand je grimaçais en mode « pitié sortez-moi de là ! ».

Neuvième kilomètre, on y est ! Je donne tout, j’aperçois l’arche d’arrivée tout en haut d’une montée qui parait sans fin. Je vais dépasser Jacquie ! Ca y est j’ai réussi, elle est enfin derrière moi ! Pourtant c’est toujours son nom que les gens scandent. Mais qu’a-t-elle de plus que moi cette Jaquie ?

Je passe enfin la ligne d’arrivée, et je ressens en moi cette grande fierté, celle d’avoir doublé la doyenne de la course. Une dénommée Jaquie de presque 80 ans. Mais peut-être a-t-elle choisi de me laisser passer,  lassée de m’avoir à ses trousses.


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